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GRISAILLE
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 Témoignages d'un Onirocartographe - II - bis Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 

Ajouts et corrections concernant les témoignages précédents.

- A propos des Chimères

Le nombre de Chimères semble plus élevé que les premières estimations ne le laissaient penser. De plus, selon certaines théories, il existerait des Chimères nées du ventre d'une femme vivante, habitante de Réel, plus rares encore et donc plus convoitées. Jésus et Merlin seraient de leur nombre.
A noter que lorsque de telles créatures viennent au monde, les agents du Berceau ne partent non pas en quête de celles-ci mais de leurs mères, qu'ils considèrent comme de véritables parangons de fertilité donc comme d'inestimables trésors.

- A propos des Lampadophores

L'Onirocartographe peut fournir une description physique. Les Lampadophores sont généralement très grands, de taille dépassant les deux mètres, d'une maigreur rachitique et habillés d'un seul vêtement long, semblable à une robe à petite traîne. Il n'est pas rare que leurs cheveux atteignent le sol et balaient la terre à leurs pieds. Aspect étonnamment dépenaillé. Leurs visages sont très creusés, et leurs yeux portent intégralement la couleur des chemins qu'ils foulent et dont ils sont les guides. La peau est généralement de couleur grisâtre. Sexe indéterminé, même dans le timbre de la voix.
Les Lampadophores portent toujours avec eux une longue perche de bois courbe, soutenant une petite lanterne très peu brillante. Cette dite perche semble leur servir à la fois de canne, de bâton de marche et de fanal. Un Lampadophore marche avec lenteur, à petits pas fragiles, mais aucun obstacle semble ne pouvoir le dévier de sa route.

Les Lampadophores sont les gardiens des routes et des chemins. Si on les croise principalement dans le Berceau, il est possible d'en trouver en Réel. Ils guident le voyageur égaré ou perdent ceux qui leur ont fait offense.

On dit que les Lampadophores posséderaient eux-même un guide, ou roi, nommé Sceptre.

  Lire le commentaire | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 14-09-2007 à 11h14

 Témoignages d'un Onirocartographe - II Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 

Pour ce qui est du Songe, en tant que territoire, ils l'appellent Berceau des Chimères. Pourquoi Berceau ? Parce que le Songe est le lieu de toutes les métamorphoses, de toutes les gestations ; il est la soupe originelle de l'âme et de la conscience, sa première expression vagissante, amorale, libérée de toute contrainte et de toute Raison. Pourquoi Chimères ? Le Cartographe s'est penché sur la question et en a conclu que le terme "Chimère" n'était pas seulement une commodité pour désigner toutes les créatures qui grouillent dans le Songe, mais bien une espèce en particulier.

Il arrive que les rêveurs, conscients ou inconscients, soient en proie à des songes sensuels et s'accouplent avec les produits de leur rêve, hommes ou femmes à la beauté fantasmée. L'on sait que le Songe est jaloux de la fertilité du Réel, à laquelle il doit se nourrir pour continuer à subsister, et qu'il tente par tous les moyens de tourner à son avantage ; ainsi, de ces commerces entre rêveurs et rêvés, résulte parfois un enfant. Il s'agira systématiquement de l'enfant d'un rêveur mâle et d'un Songe femelle, parce qu'il ne saurait s'implanter dans un ventre concret. L'enfant qui résulte de cet accouplement improbable est appelé Chimère, et l'on dit qu'il s'agit de la créature la plus précieuse de tout le Berceau, car la plus rare. Effectivement, la grande majorité de ces accouplements n'aboutit à rien de concret, le Songe étant incapable de concentrer ses efforts pour veiller au bon déroulement d'une gestation, même si elle ne fait qu'imiter le Réel.

On pense dénombrer moins d'une dizaine de Chimères. De ce que le Carthographe en sait, ces êtres possèdent la capacité d'appliquer au réel les lois du rêve : ils sont effectivement élevés au sein du Berceau et ne connaissent que ses règles, des plus illogiques comparées à celles du Réel ; mais leur nature à mi-chemin entre songe et concret leur permet de passer, très naturellement, d'un monde à un autre, et d'altérer le paysage réel comme le ferait un rêveur lucide. Ce sont également des créatures amorales mais d'une grande innocence, quelle que soit leur maturité physique.

Cela dit, les Chimères n'ont rarement ou jamais empiété sur le réel, car le Berceau, choyant ses enfants comme des joyaux précieux, les garde cloîtrés en son sein. Il est donc probable que la plupart des Chimères ne soient pas au courant de leur nature, voire même ignorent tout du monde réel, duquel ils sont pourtant à moitié issus.

  Lire le commentaire | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 15-02-2007 à 09h52

 Frôleur de Rien Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 
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Dormir vingt minutes, c'est facile.
Avec un peu d'entraînement, n'importe qui peut apprendre à programmer son propre sommeil. Tout est une question de conviction. De volonté.
L'humain est une créature merveilleuse, au niveau de la volonté. Il y a tant de domaines sur lesquels elle est capable d'agir : la chaleur, le plaisir, la douleur, le sommeil. Provoquer ou annihiler - avec de l'exercice, c'est à la portée du premier venu.

Ces petites pauses de sommeil programmé me permettent de rêver assez intensément, parfois. Du coup, les images qui me reviennent a posteriori sont nettes, fluides, précises. J'aime assez. Souvent, je regrette que ces périodes soient si courtes, qu'elles ne me permettent pas d'accomplir le rêve en sa totalité ; et j'avorte, malheureusement, de chimères exaltantes, de vérités éblouissantes sur lesquelles ma main ne se referme pas, par manque de temps.

J'ai rêvé de ce labyrinthe dans les buissons. Je pourrais retracer le parcours que j'ai fait à l'intérieur, de mémoire. Je vais probablement le faire, voir quel message je peux décrypter à travers. Il n'aurait fallu d'un rien, d'un rien, pour que j'aille au bout. Mais... vingt minutes, vous comprenez.

Un jour, je vaincrai le temps.



  Aucun commentaire | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 07-02-2007 à 16h40

 Témoignages d'un Onirocartographe - I Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 
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Rêver n'est pas une activité qu'on peut se permettre d'entreprendre à la légère.

D'abord, après l'ondoiement de pensées sans sens qui trahit l'emprise tentaculaire des bras de Fable, le rêveur est précipité à travers les Esquisses aux mille étages. Même les rêveurs lucides ont du mal à se représenter les Esquisses, mais imaginons un grand hall de gare où se presserait la foule de tous les endormis, une gare qui serait aussi un gigantesque atelier à rêves où l'Inconscient tremperait ses pinceaux pour éprouver la pallette subtile de ses couleurs. Rien n'est stable ni achevé, dans les Esquisses : c'est un maelström, un merveilleux et terrifiant brainstorming par où chacun passe mais dont personne ne peut avoir de souvenir précis.

Dans les Esquisses erre une population très importante de Lampadophores, lesquels guideront le rêveur, par excès de bienveillance ou de malignité, vers des territoires plus tangibles, à moins qu'ils ne préfèrent le laisser dans le moutonnement furieux des rêves Esquissés. Le rêveur non lucide aurait de toute façon bien du mal à transpercer la fine membrane des Esquisses sans aide - mais quel rêveur non lucide se souvient des Lampadophores ?

Après les Esquisses, voici les Enclaves ; voici les rêves les plus forts, les plus stables, ceux qui peuvent même perdurer au-delà de l'esprit du rêveur ; les rêves patiemment ébauchés, puis bâtis, soutenus par une complexe et ineffable architecture, grâce aux efforts Esquissés de "l'Inconscient Collectif".

Enfin, au coeur des Enclaves, niche Fable, Fable qu'il est de toute façon impossible de décrire puisqu'elle est indicible et parce qu'il est rare, très rare, pour un rêveur, de pouvoir l'approcher. Redoutable, brute et merveilleuse Fable, pouls battant du Subconscient, si absconse dans sa nature même qu'elle n'a, finalement, en soi, pas d'intérêt.

Pour finir, entre Eveil, Esquisses, Enclaves et Fable, se coule Faery, comme un liquide dans des interstices - mais ceci est une autre question.

  Lire le commentaire | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 20-01-2007 à 17h16

 Prenez-moi pour un fou Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 
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Il y a des choses qui vous reviennent parfois très nettement, lorsque l'on s'attache à vouloir les exhumer. Des souvenirs en forme de perles insubmersibles. On pioche, on admire, on relâche dans le moutonnement nacré. Et on sourit, un peu, en songeant à la relativité de nos propres folies.

Vingt-deux ridicules années de vie : rien, et tant de petites perles déjà - bien humbles, brillantes pourtant, savoureuses sous la langue.

Sauter pieds nus dans les premières neiges d'hiver.
Se retrouver pris dans la brume, un matin très tôt, et y danser sur une impulsion soudaine, tourner bras écartés.
Dormir dans un village abandonné et courir la nuit au milieu des bois, comme un animal aveugle. Ah, adrénaline !
Rester plusieurs longues minutes fasciné par une traînée de rouille dans un couloir de métro.
Lui dire qu'on l'aime. Se blottir dans les bras d'un autre.
- Oui, tous les souvenirs ne sont pas reluisants. -
S'endormir sur un son de harpe.
Vouloir L'avoir dans la peau.
L'odeur de la sauge brûlée dans une clairière sablonneuse, sous la lune pleine.
Chanter comme un fantôme entre les arbres.
* Beaucoup de souvenirs de Nature... *
Explorer une vieille station-service-entrepôt désaffecté - le frisson en passant les barrières, le verre brisé qui craque comme un squelette sous les semelles.
Se baigner pendant qu'il pleut.
Echanger deux trois mots avec Möbius ( Ahah, j'ai des dédicaces! ).
Apprendre que sa mère avait une grande soeur.
Déclamer du Baudelaire au bord d'un canyon.

Et tant, tant, tant de petites bribes qui s'agitent sous les doigts, dans la tête, derrière les yeux. C'est rien, pour vous - c'est un peu de ma vie, des éclats parsemés, au hasard, jetés là non seulement parce que ça brille, parce que c'est joli, mais parce que ça me *parle*. Et à qui parlons-nous ici, si ce n'est - avant tout - à nous-même ?

Y'a quelque chose de bien qui s'annonce en ce moment, je crois.
Cinq ans sans, cinq ans.
Sept ans entre.
Cinq plus sept. - J'ai horreur des chiffres, bon sang... -
Je suis pas du genre à m'étaler longtemps sur ce genre de choses, car elles sont encore trop neuves. Des petites perles pas formées, malléables. Intimes.
Comprenne qui pourra.

(l)



  Lire le commentaire | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 17-01-2007 à 14h24


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  Blog créé le 08-12-2006 à 19h11 | Mis à jour le 14-09-2007 à 11h31 | Note : 7.20/10